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01/12/2008

01/12/08 - 18:49

Le Vénézuela après le 23 novembre : Chavez et les défauts de ses qualités


Les élections locales du 23 novembre ont montré une relative remontée dans l'opinion de la coalition bolivarienne dirigée par Chavez : 49 % des voix lors du référendum perdu de 2007, 53 % lors des élections locales. Bien que les deux scrutins ne soient pas directement comparables, il n'en reste pas moins que les "chavistes" ont regagné quelques terrains en un an.
Toutefois ce scrutin marque une polarisation géographique et sociale dangereuse entre les états "riches", Caracas, Zulia, Esparta gagnés par l'opposition et ceux plus "pauvres" et plus ruraux conservés par les bolivariens.
A Caracas et à Maracaïbo, la coalition bolivarienne (PSUV et alliés) a été défaite parce qu'elle n'a pas su ou pu répondre aux demandes de la population à savoir : sécurité, gestion efficace des villes, lutte contre la corruption.
A l'opposition- Ledesma, Rosales et consorts - de faire désormais ses preuves, ce qui lui est possible en raison de la très large décentralisation du pays !
Le gouvernement bolivarien est-il menacé pour autant ?
La réponse est forcément nuancée. Institutionnellement, le président est en place jusqu'en 2012 et les élections législatives auront lieu en 2010. Mais il est évident qu'entre les dangers externes et internes, il y a aussi à terme le danger d´un culte excessif de la personnalité de la part de Chavez. Notamment remettre en cause le résultat du référendum de 2007 sur la non-réelection du président serait sans doute une erreur dont l'opposition, la droite endémique, profiterait avec délices tout en menant une campagne internationale sur le thème de la "dictature".
L'action continue de la droite - excessive, hystérique, irresponsable, qui pousse au crime - conduit Chavez à se barricader-et elle est efficace dans le sens où elle peut provoquer une paralysie du processus politique.
D'autre part, j'avoue que le populisme excessif de "harangue des masses” que Chavez utilise, me déplaît de plus en plus parce qu'il faut davantage transformer réellement sur le terrain et moins dire vainement qu'on le fait. Beaucoup a été transformé, le taux de pauvreté a chuté en dix ans de 44 à 28 % grâce à une politique redistributive, le bilan social est impressionnant...mais il faut également passer au développement d'une économie sociale si l'on veut envisager un vrai développement du Vénézuela au-delà de la rente pétrolière.. Et là, ce sont encore des balbutiements et surtout pour l'instant des discours et des incantations - témoignage d'un de mes étudiants qui a fait un stage de six mois à Maracaïbo -
On a l´impression que Chavez ne sait trop quoi faire ou n'a pas de vrais organisateurs parmi ses appuis, et que tout le monde attend que ce soit l´autre qui décide et/ou organise pour lui.
Il est évident que la droite endémique (expression locale) latinoaméricaine et ses soutiens extérieurs vont essayer par tous les moyens de tout faire échouer; mais cela n'excuse pas les défaillances du gouvernement bolivarien.
D'autant plus qu'il est probable que l'administration Obama sera sans doute bien moins haineuse et vindicative à l'égard du peuple vénézuélien que le fut celle de Bush.

En définitive, Chavez ne devrait pas confondre la révolution bolivarienne avec son propre destin; ce qui se passe au Vénézuela, c'est bien plus qu´une seule personne. Il faudait que les deux parties: Chavez, et les personnes qui l´appuient le comprennent.
Chavez a des mérites innombrables, dont celui d'avoir engagé le Vénézuela sur la voie de transformations radicales et sociales extrêmement nécessaires, tout en développant également la démocratie. Mais qu'il fasse attention à ne pas se laisser séduire, lui ce chrétien fervent, par les démons du caudillisme.
Le peuple le suivra aussi longtemps qu'il constatera que ses conditions de vie s'améliorent, ce qui est le cas actuellement, et aussi longtemps que sera préservée la vie démocratique du pays. Que Chavez et la droite le comprennent serait enfin une bonne chose.





commentaires

01/12/08 - 19:43

Je constate que vous nuancez un peu plus vos articles sur Chavez et le Venezuela. Je n'attendais que cela...^^
Vous connaissez mon point de vue, nuancé lui aussi.

01/12/08 - 20:05

herminien: nuancé parce qu'il le faut bien et que la situation évolue;et que sans correctifs, il y a le risque de l'échec, mais tout en espérant ces correctifs et une réussite du projet ploitique et social

01/12/08 - 20:45

N'oublions pas la fin de la manne pétrolière
qui avait permis une redistribution sociale
généreuse et nécessaire.
J'espère que le gouvernement Vénézuélien a fait des investissements dans le domaine productif afin de prendre le relais de l'or noir.

01/12/08 - 20:57

Il faudra qu'il en fasse!

01/12/08 - 21:00

oui, enfin je n 'ai pas aimé Caracas (anti chaviste par ailleurs, je parle de la ville !)
l'essence coûte 0,5 ct d'€ et les bagnoles sont de vieilles américaines des années 60..Ya aussi progrès çà faire de ce côté là.

01/12/08 - 22:01

vue de l'hôtel best Western de Caracas
avons voulu aller nous promener à pied.Entourés d'autoroutes urbaines, on n'a pas pu.
avons déambulé dans le centre commercial au sous sol, ou de plus les commerçants ne prenaient que des dollars US

01/12/08 - 22:03

l'aéroport militaire du centre-est de Caracas

en revanche l'arrivée sur la mer et l'atterrissage à Simon Bolivar est vraiment très belle

01/12/08 - 22:08

Notre Hôtel à San Felipe , près de Barquisimento
ai du demander au taximan (y a 400 bornes quand même) de rouler moins vite.La vieille Buick tanguait trop pour moi.

Sommes ensuite parti pour Buenos Aeres, via Santa Cruz de Bolivie.. L'avion était plein de bonnes soeurs.

Si un jour la Révolution gagne l'Argentine, je vous en causerai !

01/12/08 - 22:09

# douche : Harry au Cambodge, c'est quand même plus sexy !

02/12/08 - 00:31

Evolutions nécessaires, en gros et en résumé, pour le bien de tout le monde, que Chavez devienne Lula ?

02/12/08 - 06:41

tho : le contexte n'est pas le même; oligarchie plus virulente au Vénézuela, pression nord-américaine plus forte, redistribution plus importante qu'au Brésil.

02/12/08 - 09:58

On discuterait des nuances de contexte que vous proposez, et on le ferait bien dans le sens de contraintes plus importantes au Brésil, pour des résultats d'autant plus intéressants.
A moins de considérer les contraintes qu'Hugo Chavez se crée lui-même (comme vous le mentionnez) comme structurelles.

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